Les Rayons et Les Ombres (2026)

Les rayons et les ombres est un film classique, il fait parti de ces exposés très théoriques, de ces fresques à l’esthétique certes léchée, menés par des acteurs s’illustrant avec brio. Mais en 3h15, je n’ai jamais eu l’impression de participer à une réelle expérience cinématographique et me suis même trouvé affligé et fatigué.

Le sujet traité est grave, important : La collaboration de la France, au travers des histoires de Jean et Corinne Luchaire, l’un pacifiste œuvrant pour la réconciliation franco-allemande dans l’entre-deux guerres, l’autre jeune actrice de cinéma.

Ces deux personnages font parti de la bourgeoisie parisienne, grâce notamment au père vivant au dessus de ses moyens, attiré par l’argent, menant son journal à la faillite, usant de ses relations pour arriver à tabler dans des restaurants huppés ou réussir à payer des robes de créateurs à sa fille. Tout cela nous est à peine montré, est simplement illustré, mais surtout expliqué par la voix-off de la fille Luchaire.

Car toute l’histoire est en fait racontée par notre protagoniste en 1948, quelques années après leur collaboration, après le procès de son père, à la suite duquel il a été exécuté. Le début du film nous montre la narratrice se faisant agresser en pleine rue car reconnue. A la question que sa voisine lui pose après lui être venue en aide, “Pourquoi font-ils cela ?”, Corinne répond simplement “Car ils ne savent rien”. Le tout nous est présenté comme si une catharsis était à attendre, comme s’il y allait avoir une grande révélation nous montrant qu’en effet c’était le cas, car les procédés de narration utilisés nous poussent à l’empathie envers les deux personnages. C’est ce qui m’a fait tenir jusqu’à la fin du film. En réalité, rien. Le film ne fait rien, il expose, se voulant être un film ne revendiquant rien, montrant simplement la vérité. Il devient donc lisse, faux, affligeant.

Cela amène au second défaut majeur du film : La quasi totalité de ce que le film nous montre est aussitôt expliqué, soit par cette voix-off, soit par quelque personnage. Le logo Netflix affiché en début de film aurait dû m’avertir. Les plans utilisés se limitent aux classiques : Plan américain, champ, contre-champ, gros-plans de quelques visages. Rien qui ne chercherait à faire vivre le film en tant que tel. Les séquences à la mise en scène intéressante se font rares et ont surtout l’air d’être là par hasard, se perdant au milieu du film.

On assiste donc au triste spectacle de bourgeois s’écoutant parler, cherchant à excuser leurs actions. Là où le film voudrait montrer comment les convictions d’une personne peuvent changer du tout au tout par compromission, pacifisme, opportunisme ou passivité, il devient hypocrite par le même effet : Le film est passif dans son propos et reproduit ce qu’il est censé interroger.

La transformation de Jean Luchaire n’est pas appuyée, elle est à peine documentée. Le fait qu’il soit lui-même vénal par nature est illustré sans que cela ne produise aucun effet. L’histoire se déroule, et le spectateur pense “soit, qu’il en soit ainsi”. La réflexion est induite par l’histoire en elle-même, en y repensant après coup, en se détachant du film. Un livre aurait suffit, le film ne produit rien de plus.

Je pense que le film aurait dû davantage appuyer les actions de vrais résistants – en 3h15, le temps aurait sans doute pu être trouvé. Par exemple en s’attardant un peu sur ce journaliste ayant quitté le journal de Jean lorsque celui-ci commença a afficher des positions collaborationnistes, pour finir torturé puis tué pour ses actions de résistance, sans n’avoir donné aucun nom.

Finalement une plaidoirie nous est montrée en fin de film, condamnant fermement Jean Luchaire, se permettant même d’également critiquer les comportements de Corinne. C’est peut être là la vraie catharsis du film, savoir qu’enfin quelqu’un condamne justement ces personnes, mais tout cela étant annoncé dès le début du film, on perd par définition l’effet cathartique.

A mon sens, le cinéma ne devrait pas être neutre dans sa façon de montrer. En sortant d’une salle, la question ne devraient pas seulement être “Qu’est-ce que cette histoire produit sur moi ?”, mais d’abord “Comment tel plan sert l’histoire ? ».

Les rayons et les ombres est un film classique, il fait parti de ces exposés très théoriques, de ces fresques à l’esthétique certes léchée, menés par des acteurs s’illustrant avec brio. Mais en 3h15, je n’ai jamais eu l’impression de participer à une réelle expérience cinématographique et me suis même trouvé affligé et fatigué.

Le sujet traité est grave, important : La collaboration de la France, au travers des histoires de Jean et Corinne Luchaire, l’un pacifiste œuvrant pour la réconciliation franco-allemande dans l’entre-deux guerres, l’autre jeune actrice de cinéma.

Ces deux personnages font parti de la bourgeoisie parisienne, grâce notamment au père vivant au dessus de ses moyens, attiré par l’argent, menant son journal à la faillite, usant de ses relations pour arriver à tabler dans des restaurants huppés ou réussir à payer des robes de créateurs à sa fille. Tout cela nous est à peine montré, est simplement illustré, mais surtout expliqué par la voix-off de la fille Luchaire.

Car toute l’histoire est en fait racontée par notre protagoniste en 1948, quelques années après leur collaboration, après le procès de son père, à la suite duquel il a été exécuté. Le début du film nous montre la narratrice se faisant agresser en pleine rue car reconnue. A la question que sa voisine lui pose après lui être venue en aide, “Pourquoi font-ils cela ?”, Corinne répond simplement “Car ils ne savent rien”. Le tout nous est présenté comme si une catharsis était à attendre, comme s’il y allait avoir une grande révélation nous montrant qu’en effet c’était le cas, car les procédés de narration utilisés nous poussent à l’empathie envers les deux personnages. C’est ce qui m’a fait tenir jusqu’à la fin du film. En réalité, rien. Le film ne fait rien, il expose, se voulant être un film ne revendiquant rien, montrant simplement la vérité. Il devient donc lisse, faux, affligeant.

Cela amène au second défaut majeur du film : La quasi totalité de ce que le film nous montre est aussitôt expliqué, soit par cette voix-off, soit par quelque personnage. Le logo Netflix affiché en début de film aurait dû m’avertir. Les plans utilisés se limitent aux classiques : Plan américain, champ, contre-champ, gros-plans de quelques visages. Rien qui ne chercherait à faire vivre le film en tant que tel. Les séquences à la mise en scène intéressante se font rares et ont surtout l’air d’être là par hasard, se perdant au milieu du film.

On assiste donc au triste spectacle de bourgeois s’écoutant parler, cherchant à excuser leurs actions. Là où le film voudrait montrer comment les convictions d’une personne peuvent changer du tout au tout par compromission, pacifisme, opportunisme ou passivité, il devient hypocrite par le même effet : Le film est passif dans son propos et reproduit ce qu’il est censé interroger.

La transformation de Jean Luchaire n’est pas appuyée, elle est à peine documentée. Le fait qu’il soit lui-même vénal par nature est illustré sans que cela ne produise aucun effet. L’histoire se déroule, et le spectateur pense “soit, qu’il en soit ainsi”. La réflexion est induite par l’histoire en elle-même, en y repensant après coup, en se détachant du film. Un livre aurait suffit, le film ne produit rien de plus.

Je pense que le film aurait dû davantage appuyer les actions de vrais résistants – en 3h15, le temps aurait sans doute pu être trouvé. Par exemple en s’attardant un peu sur ce journaliste ayant quitté le journal de Jean lorsque celui-ci commença a afficher des positions collaborationnistes, pour finir torturé puis tué pour ses actions de résistance, sans n’avoir donné aucun nom.

Finalement une plaidoirie nous est montrée en fin de film, condamnant fermement Jean Luchaire, se permettant même d’également critiquer les comportements de Corinne. C’est peut être là la vraie catharsis du film, savoir qu’enfin quelqu’un condamne justement ces personnes, mais tout cela étant annoncé dès le début du film, on perd par définition l’effet cathartique.

A mon sens, le cinéma ne devrait pas être neutre dans sa façon de montrer. En sortant d’une salle, la question ne devraient pas seulement être “Qu’est-ce que cette histoire produit sur moi ?”, mais d’abord “Comment tel plan sert l’histoire ? ».

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